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Encore des conscrits russes forcés de combattre en Ukraine

03.09.14

Des journalistes ont rapporté que des conscrits russes en train de faire leur service militaire dans le district de Tula ont été contraints à s’engager avant d’être envoyés faire la guerre en Ukraine. Les mères des soldats de l’unité 33842 ont déclaré sur la chaîne russe Dozhd TV  que huit soldats avaient signé un contrat de leur plein gré mais que le 19 août les commandants de l’unité avaient signé pour tous les autres.

Elles déclarent également être sans nouvelles des soldats et des officiers du 5ème régiment depuis deux semaines. Selon leurs informations, les troupes effectuaient des manoeuvres dans le district de Rostov.

Dozhd TV a essayé d’entrer en contact avec le Comité des Mères de Soldats du district de Tula, mais ils ne purent joindre ni les journalistes, ni les mères des soldats.

Il n’est malheureusement pas inconcevable que le Comité ait eu vent des problèmes rencontrés par certains de leurs collègues après que ces derniers aient exposé les détails d’un déploiement de soldats russes en Ukraine.

Le 29 août, le Ministère de la Justice russe avait en effet informé qu’il ajoutait le Comité des Mères de Soldats de Saint-Pétersbourg à la liste des "agents d’une puissance étrangère".

Renforçant les témoignages préalables de plusieurs dizaines de familles de soldats, la famille du conscrit  Andrei Vilkhovyk (18 ans) avait confirmé ce même jour que 200 soldats avaient signé des contrats avec l’armée contre leur gré.

Vilkhovyk effectuait son service dans le district de Ryazan avant d’être muté à Rostov à la fin de juillet. Dozhd TV a fait remarquer, que son unité se trouvait juste à un point de passage entre l’Ukraine et la Russie..

Sa famille a expliqué que quelques jours auparavant il leur avait déclaré au téléphone que les soldats de son unité étaient forcés de s’engager. Ses parents lui avaient conseillé de ne signer sous aucun prétexte, d’autant plus que le terme de son service était le 7 novembre. Il était d’accord avec eux, et pourtant le soir même il rappela sa soeur aîné pour annoncer qu’il avait finalement signé, sans donner plus de détails. 

Sa famille et celle des autres conscrits ont entendu les mêmes rumeurs: on menace de noircir le dossier militaire des jeunes et l’encadrement signe de toutes façons à leur place.

Selon le compte-rendu du 28 août. le Comité des Mères de Soldats de Stavropol a dressé une liste de cent soldats russes tués et trois cent soldats blessés. La présidente du Comité Ludmila Bogatenkova a déclaré sur Dozhd TV que la liste avait été constituée à partir de différentes sources émanant des forces armées que pour des raisons évidentes elle ne pouvait révéler...

Dozhd TV, la dernière chaîne de télévision russe indépendante, constamment sous pression, est en train de mener sa propre enquête sur les soldats russes tués ou blessés en Ukraine, des faits niés par les membres des autorités qui sont prêts à tout pour tenter de les dissimuler. Ils sont allés jusqu’à mettre en scène une farce macabre au cours de laquelle la femme de l’un des parachutistes tués (Leonid Kichatkin) ou une femme répondant au téléphone à sa place, déclara que son mari n’avait pas été tué et qu’il était auprès d’elle. Elle alla jusqu’à passer le téléphone à cet homme qui "confirma" qu’il était Kichatkin.

La tombe fraîchement creusée de Leonid Kichatkin est au Cimetière Vybuty près de Pskov.

Le lieu de son décès n’y est pas indiqué mais son nom était clairement marqué jusqu’à ce que l’attention des médias conduise à l’enlèvement des plaques, couronnnes etc. (plus de détails ici)

Des journalistes de Dozhd TV et d’autres personnes ont été victimes d’agressions. Lev Shlosberg a été passé à tabac particulièrement sauvagement. Cela se passa le 25 août, quelques jours après la publication de son article "Les Morts et les Vivants" relatant les funérailles de Leonid Kichatkin et Alexander Osipov et où il affirme que l’état russe s’efforce de cacher qu’il envoie ses enfants à la guerre.

Il est frustrant que la BBC et les autres médias qui insistent sur l’expression "selon l’Ukraine" quand ils évoquent la présence de l’armée russe sur le sol ukrainien ignorent non seulement les preuves irréfutables apportées par l’OTAN, les USA et les médias polonais, mais aussi les compte-rendus nous parvenant de Russie malgré tous les efforts des autorités pour les passer sous silence.

Halya Coynash

(Traduction: Pierre Mercier)

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