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L’Union Européenne au secours des "taupes" du Kremlin

11.09.14

Deux semaines après que l'engagement militaire de la Russie en Ukraine a été prouvé de manière irréfutable, l'Union Européenne se met d'accord sur des sanctions, pour aussitôt en remettre l'exécution à plus tard. Pendant ce temps, les militants sponsorisés par le Kremlin mettent à profit la destruction et les maux qu'ils ont infligés eux-même avec l'aide des militaires russes pour se faire passer pour les "bons samaritains".

 De plus en plus de personnes commencent à revenir à Donetsk. Si les militants pro-Kremlin de la République Populaire auto-proclamée de Donetsk parviennent à leurs fins, les écoles seront probablement réouvertes dès mardi ainsi que de nombreuses usines etc.

 Les militants vont probablement parvenir à leurs fins, et pas seulement parce que Moscou les équipe en armes lourdes et renforce leurs effectifs. Le prêtre Sergey Kosyak écrit  que bien que personne ne s'attend à une fin rapide de la guerre, les gens reviennent car ils n'ont plus assez d'argent pour financer un séjour provisoire dans des zones sécurisées. Valentina, qui a quitté la ville il y a deux mois, ajoute que certaines personnes y sont restées pour une raison tragiquement banale. Ils se font du souci pour leur livret de travail, car les absences et les interruptions d'emploi ont une influence sur le calcul de leur retraite. Ironiquement, les usines ont fini de toutes façons par fermer, mais entretemps quitter la ville est devenu une entreprise dangereuse.

 Le Père Sergey est l'un de ceux qui ont sont restés pour apporter leur aide, entre autres pour fuir la zone de guerre. Il raconte que les retraités forment de longues files d'attente au centre où les militants de la RPD, dans un rôle incongru de "bienfaiteurs", distribuent de l'aide humanitaire.

 "Les combattants de la RPD bloquent sciemment l'aide venant de l'Ukraine ou la redistribue comme venant d'eux. C'est une vieille histoire: ils créent d'abord un problème de toutes pièces pour ensuite le règler eux-mêmes."

Il ajoute que les retraités commencent réellement à souffrir de la faim, après plus de deux mois sans avoir reçu leur pension. Il n'avait jamais auparavant reçu autant de témoignages de gratitude pour de simples dons de nourriture. 

 Ce n'est pas tout, bien sûr. Dans les villes comme Torez ou Shaktyorsk, tout est fermé à cause des combats. Le Père Sergey raconte que la seule source de revenus, c'est de se battre aux côtés des militants.

 "L'économie est artificiellement détruite dans le but de créer des emplois d'assassins professionnels; la famine est artificiellement entretenue afin que ceux qui en souffrent baisent la main des "bienfaiteurs" qui les nourrissent."

Il est reconnaissant que, pour l'amour de Dieu ou de leur pays, il se trouve encore des personnes dans ces villes pour aider à l'approvisionnement en nourriture, en médicaments etc. Il insiste sur le fait qu'il est vital que ces gens reçoivent une aide alternative et pas seulement l'aide hypocrite offerte par ceux-là mêmes qui sont à l'origine du problème.

Les réactions des pays occidentaux face à l'agression russe manifeste ont été principalement des déclarations verbales, aux mots hésitants ou simplement rendus obsolètes à mesure que la Russie ignorait chacune des soi-disantes "lignes rouges". 

La dernière de ces déclarations, datant de lundi soir, précise qu'il a été seulement CONVENU d'un ensemble de nouvelles sanctions mais que leur mise en place est reportée "afin d'avoir le temps d'évaluer les conditions de l'exécution de l'accord de cessez-le-feu et du plan de paix."

Ces déclarations à propos de sanctions sont faites un peu plus de deux semaines après qu'il ait été prouvé de manière irréfutable que des forces armées russes utilisant du matériel militaire sophistiqué sont déployées sur le sol ukrainien.  La première fois que des sources occidentales en ont apporté la preuve a coincidé avec le passage en force en Ukraine du soi-disant "convoi humanitaire" imposé par la Russie. Ceci a provoqué des avertissements sévères et l'utilisation du terme "invasion" de la part des chefs d'états occidentaux. Ces mots ont vite été oubliés le lendemain quand les camions sont retournés en Russie, emportant probablement avec eux les cadavres des soldats russes tués au combat. Mais les forces russes et leur équipement eux sont bien restés et ont rendu possible le renversement du cours de la guerre en faveur de la Russie et de ses militants, infligeant des défaites dévastatrices à l'armée ukrainienne. 

Seulement un peu plus de six mois ont passé depuis que l'Ukraine et le reste du monde ont découvert que le Memorandum de Budapest de 1994, qui semblait garantir l'intégralité territoriale de l'Ukraine, n'est en fait qu'un morceau de papier sans valeur aux yeux des autres signataires. Un nombre infini de garanties supplémentaires, de promesses et de déclarations solemnelles ont été données ou faites depuis. L'annexion de la Crimée par la Russie a été condamnée immédiatement, tout en ne provoquant que des sanctions extrêmement limitées, mais qui au moins étaient accompagnées de menaces claires: la Russie ne peut en aucun cas s'étendre plus sur le territoire ukrainien. 

C'est précisément ce qu'elle a fait. D'abord par l'utilisation de "taupes" et de mercenaires lourdement armés, soupçonnés d'avoir été formés en Russie, puis avec le renfort direct de troupes russes, la Russie a semé le carnage et la destruction. La Russie vient d'installer les responsables dont elle a besoin pour créer une zone de conflit gelé et imposer un fardeau supplémentaire à un pays déjà saigné à blanc par le précédent régime. La Russie pourrait s'arrêter là pour le moment, mais elle pourrait aussi continuer son offensive afin de s'ouvrir le corridor qu'elle convoite vers la Crimée. Comme l'Union Européenne et les USA n'ont même pas réussi à mettre en place des sanctions qui ne seraient pas abandonnées au cas où le plan de paix s'éternise, il paraît que le choix du prochain coup de cette partie - comme tous les précédents -  est entièrement laissé au bon vouloir du Kremlin. 

Halya Coynash

(Traduction: Pierre Mercier)

 Text in English:  EU-endorsed propaganda for Kremlin proxies