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Les collabos français embrassent le monument aux envahisseurs russes en Crimée

31.07.16 | Halya Coynash

Onze parlementaires français, principalement issus du parti Les Républicains de Nicolas Sarkozy, ne se sont pas contentés de violer la loi ukrainienne et les sanctions internationales en visitant la Crimée ce week-end. Ils ont également participé à un spectacle de propagande honteuse, niant les violations flagrantes des droits de l’homme sous l’occupation russe et calomniant les Tatars de Crimée qui ont été enlevés, et très probablement assassinés.

C’était le deuxième « voyage » pour certains des participants et, pour la deuxième année consécutive, le ministère français des Affaires étrangères n’a exprimé que son « choc » et rappelé que la visite « risquait de violer le droit international ».

Ce n’est pourtant pas qu’un « risque », c’est une violation caractérisée, puisque les députés sont venus depuis Moscou, clairement invités par un État occupant, et sans avoir reçu l’autorisation de l’Ukraine. Ils ont très ouvertement bafoué la résolution des Nations Unies sur la Crimée du 27 mars 2014, résolution approuvée par la France ainsi que les autres pays démocratiques.

Comme en 2015, certains des députés ont affirmé être « pour voir de leurs propres yeux ». Michel Voisin, le chef de la délégation française à l’Assemblée parlementaire de l’OSCE, est cité comme suit : « Les informations en provenance des médias peuvent être aussi vraies que fausses, de sorte que chaque député devrait se faire sa propre vision indépendante des questions telles que la situation en Crimée ».

M. Voisin et les autres se sont donc rendus en Crimée où les médias les plus ukrainiens et tatars ont été étouffés, et où Mykola Semena, l’un des rares journalistes à exprimer encore ses propres vues indépendantes, est sous la surveillance du FSB 24h/24 en attendant une condamnation à 5 ans de prison pour rien de moins que d’avoir écrit un article.

Les politiciens français n’ont vu que ce qu’on a bien voulu leur montrer et rien n’indique qu’ils aient essayé d’approfondir leur sujet. Cela n’est pas ce qu’ils disaient être venus faire, mais la réalité était évidente dès le premier jour. Le député français (Jacques Myard) sur la photo ci-dessus embrasse certes la petite fille plutôt que le combattant du monument glorifiant les soldats russes qui ont envahi la Crimée en février 2014, mais le geste est néanmoins parlant.

Les politiciens français sont venus cette année pour faire la propagande maximale de la Russie devant des médias contrôlés par l’État, y compris ceux qui s’adressent aux publics étrangers. L’objectif était de donner un semblant de légitimité et de « reconnaissance » à l’occupation illégale par la Russie de la Crimée ukrainienne.

Mais ils sont allés beaucoup plus loin dans la collaboration, le chef de la « délégation », Thierry Mariani, se montrant au meilleur de sa forme. La chaine d’information financée par le Kremlin Russia Today (RT), par exemple,  cite Mariani affirmant sur le pseudo-référendum de 2014 que « la réunification de la Crimée à la Russie reflète la volonté de la majorité de la population de Crimée », et ajoutant selon RT, que « si elle n’avait pas rejoint la Russie, la Crimée aurait pu être transformée en une zone de combat comme l’Ukraine orientale ».

Mariani répète comme un perroquet les paroles du président russe Vladimir Poutine, montrant aussi peu de respect pour les faits que Poutine. Il élude la question de savoir pourquoi, si le référendum était si honnête, seuls des politiciens pro-Kremlin de l’extrême droite ou de partis néostaliniens étaient présents comme « observateurs ». Il ignore également les conclusions du propre Conseil des droits civils de Poutine qui a indiqué que les « résultats officiels » avaient été truqués, et que le niveau de soutien était beaucoup plus faible.

Et il y a pire encore. M. Mariani a aussi directement nié les très réelles préoccupations concernant les droits de l’homme, dans ce qui s’apparente à une collaboration étroite avec les autorités d’occupation. Il était clairement pressé de plaire, et il exprimé cette opinion dès son arrivée à Moscou, avant même d’entamer sa mission « d’établissement des faits ». Il aurait déclaré que « la préoccupation de l’Europe envers les Tatars de Crimée fait abstraction de la discrimination subie par la population russophone dans les pays baltes et témoigne des doubles standards entourant la politique européenne envers les minorités nationales ». Il a également dit à RT France « qu’il valait mieux être un Tatar en Crimée qu’un russe en Lettonie. Mais l’Europe préfère l’oublier. »

Après une rencontre avec « les autorités de Crimée » le samedi, il aurait affirmé que « parler d’un grand nombre de personnes qui ont disparu sans laisser de trace et de la violation des droits des Tatars de Crimée en Crimée est de la propagande ».

Il a affirmé avoir reçu « des réponses absolument claires à nos questions ». Ces réponses ont été fournies, par exemple, par la de facto procureur Natalya Poklonskaya, qui a de nouveau touché le fond samedi. Elle a nié les disparitions et enlèvements documentés d’un certain nombre de militants civiques et de Tatars de Crimée en suggérant que certains n’existaient pas. Plus de deux mois après que l’enlèvement de l’activiste tatar de Crimée Ervin Ibragimov à proximité de son domicile à Bakhtchyssaraï, elle a affirmé que la séquence vidéo le montrant poussé dans un véhicule par des hommes en uniformes d’agents de la force publique est probablement une « provocation », et qu’Ibragimov a été vu par des témoins un mois plus tard. L’affirmation est particulièrement brutale quand on pense à l’angoisse de ses parents qui ne savent pas si leur fils est toujours en vie.

Les autorités de facto ont suscité des interrogations dès le début de l’affaire en refusant d’accepter le principe de l’enlèvement de Ibragimov, et rien n’indique à ce jour qu’ils aient pris des mesures concrètes pour le retrouver. S’il avait véritablement été aperçu, elles auraient pu le dire à ses parents, et pas à des députés français désireux d’affirmer que tous les rapports sur des abus en Crimée sont erronés.

Sergei Aksyonov, le chef de gouvernement installé par les soldats russes après la prise de contrôle du Parlement, a répété une affirmation ancienne mais jamais justifiée. Il a affirmé de nouveau qu’un certain nombre de Tatars de Crimée qui ont disparu se battent en fait en Syrie aux côtés de Daesh. Le vice-Premier ministre de facto Ruslan Balbek a également jugé bon d’affirmer, pour la énième fois sans aucune preuve, que les « islamistes radicaux » ont été formés pour combattre en Syrie dans la région ukrainienne de Kherson, en bordure de la Crimée.

Les affirmations de ce genre sont nombreuses, Mustafa Dzhemiliev, le leader des Tatars de Crimée, âgé de 72 ans, étant lui-même accusé d’implication dans la formation de terroristes.

Ces mensonges sont conçus, de même que les arrestations de Tatars de Crimée forgées sur des accusations de « terrorisme » ou « d’extrémisme », pour donner l’impression que les Tatars de Crimée sont en quelque sorte de dangereux « extrémistes ». Les visiteurs français n’ont rien remarqué de tout cela. Rien n’indique qu’ils aient même essayé de visiter ou de poser des questions sur le nombre toujours croissant de prisonniers politiques. Ils n’ont pas fait mention de la violation de la plupart des libertés civiles, ni de la criminalisation du Mejlis des Tatars de Crimée, l’organe représentatif des principales populations autochtones de Crimée.

Quelques décennies plus tôt, des écrivains français avaient choisi d’étouffer les crimes commis sous Joseph Staline en essayant de donner un revêtement idéologique à leurs lâches mensonges. Au lieu de se limiter à exprimer leur choc et leur indignation, les autorités françaises pourraient utilement examiner les motifs avancés par certains hommes politiques pour blanchir des envahisseurs et dissimuler leurs crimes.

 

Les 11 parlementaires

Thierry Mariani (LR - Les Républicains)

Jean-Claude Bouchet (LR)

René Danesi (LR)

Nicolas Dhulcq (LR)

Sauveur Gandolfi-Schelt (LR)

Jérôme Lambert (ex-PS)

Jacques Myard  (LR)

Jean-Luc Reitzer (LR)

Michel Terrot (LR)

Patrice Verchère (LR)

Michel Voisin (LR)

Traduit par Marc de la Fouchardiere

 

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